Pensées et papotages

8 mars – Journée internationale pour les droits des femmes.

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Hier j’ai reçu un appel…

C’était ma banque qui proposait de m’offrir le niveau supérieur de ma carte bancaire actuelle << pour la journée de la femme >>.

Aujourd’hui j’ai reçu un sms m’informant d’une super promo : – 20 % pour tout achat dans une boutique de cosmétiques << pour la journée de la femme >>.

Et puis j’ai vu passer quelques pubs sur la toile… Pour des fleurs, des sous-vêtements, des réductions au resto << pour la journée de la femme>>.

Résultat je n’ose plus sortir de chez moi par peur de me faire sauter dessus et de me voir offrir un échantillon de lessive ou 10% sur un appareil électro-ménager !

Non mais soyons sérieux deux minutes les amis, juste deux petites minutes…

Et rappelons à ces médias et aux professionnels du marketing qu’il y a des limites à tout !

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Dire

Le 8 mars ce n’est pas la « journée de LA femme » mais la « journée internationale de lutte pour le droit des femmes » ou « journée des droits des femmes ». Et ça change tout ! Parce que ce « la » il prétend que la femme est une entité, presque un concept, qu’il existe une façon d’être femme. C’est hyper réducteur, non ? Et surtout, surtout il ouvre la bouche de tous ces petits machos rigolos qui rient comme des baleines toute la journée : « Après tout, on peut bien leur accorder une journée !  » , « 1 jour pour la femme, 364 pour les hommes ! ».

Etre une femme c’est être unique, singulière, avoir un corps, un esprit, des colères et une voix qui a le droit de se faire entendre !

 

 

Avoir conscience

Le 8 mars c’est une journée pour rappeler la lutte pour les droits des femmes et les inégalités hommes-femmes qui perdurent encore en 2019. Ce n’est pas une journée marketing !

Aujourd’hui les femmes n’attendent pas de compliments, de bouquets de fleurs, de soirée au restaurant ou des codes promo sur leur portable et leur boîte mail. Aujourd’hui les femmes veulent qu’on les écoute et surtout qu’on les entende. Tout simplement.

Chaque jour elles doivent se battre parce que, dans le monde, certaines n’ont pas accès à l’éducation, à l’avortement, sont mariées de force alors qu’elles ne sont encore que des enfants, sont lapidées, excisées, violées ou carrément tuées dès la naissance comme en Chine ou en Inde, parfaitement délaissées et niées face à la violence de leur mari comme en Russie…

Chaque jour des femmes sont discriminées et souffrent parce qu’elles sont – oh comme c’est dommage pour elles ! – nées femmes dans une société patriarcale, dans un monde où l’homme impose, où l’homme domine.

Et si en France les choses avancent et sont moins dramatiques, nous sommes encore loin d’une égalité parfaite. Alors chaque jour les femmes doivent se battre pour l’égalité au travail, l’accès aux mêmes postes que les hommes, pour l’égalité salariale, pour l’égalité dans le couple et le partage des tâches, contre le harcèlement de rue, contre le harcèlement sexuel, contre la culture du viol, les violences domestiques etc… Note quand même qu’on compte déjà 30 femmes tuées sous les coups de leur « compagnon » ou « ex compagnon » depuis ce début d’année. 30 femmes ! En France, en 2019.

Chaque jour les femmes doivent se battre pour leur image, pour qu’on foute la paix à leur corps, pour qu’on respecte leur parole, leurs idées, leur sexualité…

Chaque jour les femmes doivent se battre contre ces expressions sexistes qu’elles n’en peuvent plus d’entendre : « T’as tes règles ou quoi ? », « T’as pas de couilles ! », « Non mais elle a dû coucher pour réussir ! », « Femme au volant, mort au tournant ! », « Les poupées c’est pour les filles », « Il faut souffrir pour être belle. » et j’en passe…

Chaque jour, les enfants sont confrontés aux clichés avec le fameux « comme une fille ». Entendre que tu pleures « comme une fille », que tu cours « comme une fille », que tu ris « comme une fille » c’est te mettre dans une case, te coller une étiquette, t’entourer de barrières et de limites dès ton plus jeune âge et surtout te laisser grandir dans un monde de schémas à déconstruire.

 

Agir

Pas toujours facile de savoir comment agir face aux horreurs infligées aux femmes dans certains pays. Il existe, par exemple, plusieurs associations qui permettent  de parrainer des filles là où les conditions sont les plus difficiles pour elles. Des brochures sont proposées grâce à un simple clic. Si ça t’intéresse, Google te renseignera mieux que moi.

Mais au quotidien il s’agit aussi de se montrer exemplaire :

  • Faire attention aux mots, ne pas propager les clichés, même entre amis, même pour rire.
  • Refuser les généralités de genre. Non, il n’y a pas que les hommes qui sont forts, courageux et cartésiens. Et non, il n’y a pas que les femmes qui sont délicates, émotives et qui pleurent.
  • Eduquer ses filles loin des stéréotypes, pour qu’elles relèvent la tête
  • Eduquer ses garçons pour qu’ils deviennent des alliés au combat et ne considèrent pas la femme comme « le sexe faible » mais simplement comme des égales
  • S’opposer clairement et inconditionnellement à la culture du viol
  • Oser lever la voix, dénoncer le slut shaming
  • Ne pas se déchirer, se juger, se détruire entre femmes
  • Soutenir et partager les projets qui visent à détruire les schémas sexistes
  • Ne pas céder aux promo du 8 mars

 

 L’avenir a besoin des femmes et ce combat a besoin des hommes.

 

femmes

 

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